# LA PARTIE DE TOI QUI DÉTRUIT TOUT — Ce que Jung a découvert sur l'Ombre | Audiolivre Complet

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[00:00] Tu as déjà tout fait correctement.
[00:02] Tu t'es levé à l'heure, tu as travaillé, tu as pris les bonnes décisions sur le papier et à un moment précis, un moment que tu ne peux pas toujours expliquer quelque chose, s'est cassé.
[00:12] Une opportunité qui s'est évaporée juste quand elle devenait réelle.
[00:17] Une relation qui a explosé exactement quand elle commençait à vraiment compter, un projet abandonné à deux pas de la ligne d'arrivée.
[00:23] De l'argent qui disparaît dès qu'il commence à s'accumuler.
[00:28] Ce n'est pas de la malchance.
[00:30] Ce n'est pas le destin et ce n'est pas non plus un défaut de caractère que tu devrais avoir honte d'admettre.
[00:35] C'est quelque chose de beaucoup plus précis.
[00:40] Et Carl Gustav Jung a passé 40 ans de sa vie à le cartographier.
[00:46] Il a appelé ça l'ombre.
[00:49] L'ombre est la partie de toi que tu ne vois pas.
[00:51] Pas parce qu'elle est invisible, mais parce que tu as appris très tôt à ne pas la regarder.
[00:55] Elle est faite de tout ce que tu as refoulé, nié, jugé.
[00:57] inacceptable en toi-même depuis l'enfance.
[01:00] Elle est
[01:01] faite de tes colères jamais exprimées,
[01:03] de tes désirs jamais avoués,
[01:05] de tes peurs trop honteuses pour être reconnu,
[01:07] de tes ambitions trop grandes pour être dites à voix haute.
[01:09] Et elle opère, elle opère en permanence depuis les couches les plus profondes de ton inconscient avec une précision et une constance que ta volonté consciente ne peut pas toujours contrecarrer.
[01:21] Young disait quelque chose que peu de psychologues de son époque osaient formuler aussi clairement.
[01:24] Il disait, "Tant que tu ne rends pas l'inconscient conscient, il dirigera ta vie et tu appelleras ça le destin."
[01:33] Lis cette phrase encore une fois parce qu'elle contient quelque chose d'essentiel.
[01:37] Ce que tu appelles ta malchance, tes patterns récurrents, tes mauvaises périodes, tes relations qui se répètent, tes blocages inexpliqués pour Young.
[01:46] Tout cela n'est pas arbitraire.
[01:46] Tout cela a une source et cette source est intérieure, inconsciente et entièrement accessible si tu sais où regarder.
[01:54] Dans cet audiolivre, on va ouvrir l'ombre.
[01:57] Pas pour te faire peur, pas pour te culpabiliser, mais pour te donner ce que Jung considérait comme l'outil de transformation le plus
[02:02] puissant disponible à un être humain.
[02:04] La connaissance de soi dans sa profondeur réelle.
[02:06] Ce que tu vas entendre a été formulé par l'un des esprits les plus extraordinaires du 20e siècle.
[02:09] Il ne t'a jamais été enseigné à l'école et c'est précisément pour ça que tu le découvres ici.
[02:15] On commence une dernière chose avant d'entrer dans le vif.
[02:18] Tu vas peu être reconnaître des choses dans ce que tu vas entendre, des patterns que tu vis, des réactions que tu n'arrives pas à expliquer, des situations qui se répètent.
[02:28] Euh si c'est le cas, si quelque chose raisonne avec une intensité particulière, c'est un signal, pas un signe que tu es cassé ou que quelque chose ne va pas chez toi.
[02:35] C'est un signe que l'ombre cherche à être vue et quelque chose qui cherche à être vu mérite qu'on lui accorde son attention.
[02:41] Chapitre 1, Carl Jung, l'homme qui a osé regarder là où personne ne voulait aller.
[02:49] Pour comprendre l'ombre, il faut comprendre l'homme qui l'a découverte, pas sa biographie complète, mais la façon dont il en est arrivé.
[02:59] là où il est arrivé parce que ce chemin éclaire tout ce
[03:03] qu'il a ensuite formulé.
[03:05] Carl Gustav Jung est né en 1875 en Suisse.
[03:08] Il a grandi dans une famille marquée par la religion.
[03:09] Son père était pasteur et très tôt, il a développé une sensibilité aigue aux contradictions humaines.
[03:13] Les gens disaient une chose et faisaient une autre.
[03:17] Les croyances affichées ne correspondaient pas au comportement réel.
[03:21] La façade sociale cachait quelque chose de beaucoup plus complexe et de beaucoup moins ordonné que ce que les conventions admettaient.
[03:27] Il a étudié la médecine puis s'est orienté vers la psychiatrie.
[03:31] Un choix qui à l'époque était mal vu.
[03:33] La psychiatrie était considéré comme une discipline inférieure réservée au cas désespérés.
[03:41] Jung y a vu quelque chose de différent, l'accès à une dimension de l'esprit humain que la médecine ordinaire ne touchait pas.
[03:46] Il a rencontré Sigmund Freud en 1907 et les deux hommes ont immédiatement reconnu en l'autre un interlocuteur d'une rare profondeur.
[03:55] Freud voyait en Young son héritier intellectuel.
[03:59] Pendant plusieurs années, ils ont travaillé ensemble, correspondu massivement, développé ensemble les
[04:03] bases de ce qu'on appellerait la psychanalyse.
[04:04] Il faut mesurer ce que représentait cette relation.
[04:09] Freud était à l'époque l'autorité centrale de la psychiatrie naissente.
[04:13] S'opposer à lui, c'était risqué sa réputation, son réseau, sa carrière.
[04:16] Et Jung l'a fait quand même non pas par arrogance, mais parce qu'il observait des choses dans sa pratique et dans sa propre vie intérieure que la théorie frodienne ne pouvait pas expliquer.
[04:26] Il a choisi la fidélité à ce qu'il voyait plutôt que la fidélité à une autorité.
[04:30] Ce choix-là est lui-même une leçon sur l'ombre.
[04:30] Jung avait intégré sa propre capacité à s'opposer, à ne pas refouler son désaccord par peur du conflit ou de l'exclusion.
[04:42] Et c'est précisément parce qu'il avait fait ce travail sur lui-même qu'il a pu formuler ce qu'il avait à formuler.
[04:44] Puis ils ont rompu.
[04:46] Et c'est dans cette rupture que l'essentiel se joue.
[04:47] Freud croyait que l'inconscient était essentiellement un réservoir de désirs refoulé principalement sexuel et que le travail thérapeutique consistait à les identifier et à les décharger.
[04:59] C'était une vision puissante mais pour Jung, elle était incomplète.
[05:02] Elle ne
[05:03] rendait pas compte de la richesse et de la profondeur de ce qu'il observait chez ses patients, ni de ce qu'il explorait dans ses propres rêves et visions.
[05:11] Yung croyait que l'inconscient était quelque chose de beaucoup plus vaste, quelque chose qui dépassait l'individu, quelque chose qui contenait non seulement les expériences personnelles refoulent l'inconscient personnel, mais aussi des structures universelles partagées par tous les êtres humains à travers les cultures et les siècles.
[05:28] L'inconscient collectif.
[05:28] L'inconscient collectif est l'une des idées les plus audacieuses et les plus dérangeantes de la psychologie du 20e siècle.
[05:37] Jung observait que ses patients produisaient dans leurs rêves et leur vision des images, des symboles et des thèmes qu'il n'auraient pas pu connaître par leur expérience personnelle.
[05:44] Des motifs mythologiques qu'il n'avaient jamais étudié.
[05:47] Des figures symboliques qui apparaissaient de façon identique dans des cultures séparées par des millénaires et des milliers de kilomètres.
[05:53] Des rêves qui semblaient puis dans quelque chose de bien plus grand que la mémoire individuelle.
[05:57] Il a conclu que la psyché humaine contient une couche plus profonde que l'inconscient personnel.
[06:02] Une couche héritée, partagée, commune à
[06:05] toute l'humanité.
[06:07] Une sorte de mémoire de l'espèce organisée autour de structures fondamentales qu'il a appelé les archétypes.
[06:12] Les archétypes ne sont pas des images, ce sont des patterns, des moules qui organisent l'expérience humaine.
[06:19] L'archétype du héros, l'archétype de la mer, l'archétype du sage, l'archétype du trixter, le filou, le perturbateur et l'archétype de l'ombre.
[06:27] la partie sombre et refoulée de la personnalité.
[06:32] Comprendre que l'ombre est un archétype, qu'elle n'est pas un défaut personnel, mais une structure universelle de la psyché humaine change fondamentalement la façon dont on peut l'aborder.
[06:39] Tu n'es pas euh euh le seul à avoir une ombre.
[06:45] Tout le monde en a une.
[06:48] C'est une partie constitutive de l'expérience humaine.
[06:49] La différence entre les gens ne tient pas à la présence ou à l'absence du nombre.
[06:53] Elle tient à la conscience qu'on en a et au travail qu'on choisit de faire avec elle.
[06:56] C'est à partir de cette différence fondamentale qu'il a développé sa propre école de pensée, la psychologie analytique, et qu'il a commencé à cartographier les structures profonde de la psyché humaine, les archétypes, la
[07:05] persona, l'anima et l'Animus.
[07:09] Et au cœur de tout cela, la plus centrale et la plus dérangeante de ces découvertes, l'ombre.
[07:13] Il faut aussi savoir que Jung n'a pas développé sa théorie de l'ombre depuis un bureau confortable en observant ses patients de loin.
[07:18] Il a développé en partie à travers sa propre expérience intérieure une période de sa vie qu'il a décrite comme une confrontation directe avec les profondeurs de son propre inconscient.
[07:29] Une plongée volontaire dans des eaux que la plupart des gens évident toute leur vie.
[07:33] Cette période a commencé peu après sa rupture avec Freud, entre 1913 et 1919 et Jung la décrivait comme une confrontation avec ses propres abys.
[07:43] Il a commencé à documenter ses rêves, ses visions, ses dialogues intérieurs dans un journal qui allait euh devenir l'un des documents les plus extraordinaires de l'histoire de la psychologie.
[07:53] Ce journal qu'il a appelé le Liber Novus, connu aujourd'hui sous le nom de livre rouge, n'a été publié qu'en 2009, soit presque 50 ans après sa mort.
[07:59] Jung lui-même avait choisi de ne pas le rendre public de son vivant.
[08:03] Pas parce qu'il en avait honte, mais parce qu'il
[08:06] savait que les gens ne seraient pas prêts, que ce qui contenait demanderait un cadre, une maturité collective que l'époque n'avait pas encore développé.
[08:13] Dans le livre rouge, Jung dialogue littéralement avec des figures de son inconscient.
[08:17] Il les laisse parler, il les confronte, il écoute ce qu'elles ont à lui dire.
[08:23] C'est un travail d'une honnêteté et d'un courage intérieur que peu d'esprits de son niveau ont jamais été prêts à faire précisément parce qu'il exige de s'asseoir avec ce qu'on trouve le plus. inconfortable en soi de le laisser exister et de l'écouter plutôt que de le fuir.
[08:36] C'est de cette expérience directe que sont né ces théories les plus profondes sur l'ombre.
[08:40] Non pas d'une observation extérieure, mais d'une exploration intérieure vécue de l'intérieur.
[08:44] Cette honnêteté, ce courage de regarder en soi ce qu'il demandait à ses patients, de regarder est ce qui donne à son travail une crédibilité et une profondeur que beaucoup de théories psychologiques n'ont pas.
[08:57] Chapitre 2, l'ombre, ce qu'elle est vraiment.
[09:00] La plupart des gens quand ils entendent le mot ombre dans un contexte psychologique imagine quelque chose de
[09:08] sombre, de malveillant, de dangereux,
[09:10] une partie mauvaise de soi-même qu'il faudrait contrôler ou éliminer.
[09:12] C'est une mauvaise lecture de Young.
[09:14] Et c'est une mauvaise lecture qui empêche la plupart des gens de faire le travail le plus important de leur vie.
[09:20] L'ombre selon Jung n'est pas la partie mauvaise de toi, c'est la partie non intégrée de toi.
[09:25] Ce n'est pas la même chose.
[09:27] Voici comment elle se forme.
[09:29] Dès les premières années de vie, l'enfant apprend ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.
[09:33] Pas par une décision consciente par le retour que son environnement lui donne.
[09:37] Quand il exprime de la colère, il est puni ou désapprouvé.
[09:39] Quand il exprime trop d'ambitions, il est jugé prétentieux.
[09:41] Quand il montre sa vulnérabilité, il est moqué.
[09:44] Quand il exprime certains désirs, il est honteux.
[09:46] Progressivement, l'enfant apprend à cacher ses parties de lui-même.
[09:51] Pas à les éliminer, il ne peut pas, elles font partie de lui, mais à les refouler, à les pousser dans une zone de la psychée où elles ne sont plus visibles ni pour les autres ni pour lui-même.
[10:01] Jung appelait cette zone l'inconscient personnel et c'est ainsi que l'ombre se constitue.
[10:05] Elle est faite de tout ce
[10:09] qu'on a jugé inacceptable en soi et qu'on a refoulé.
[10:13] Elle peut contenir de la colère, de l'envie, de l'arrogance, de la sexualité, de l'agressivité, du désir de puissance.
[10:20] Mais elle peut aussi, et c'est le point que Jung soulignait avec insistance, contenir des qualités positives, de la créativité refoulée parce qu'on nous a dit qu'on éétait pas doué, de l'ambition refoulée parce qu'on nous a appris que désirit trop était mal, de la confiance refoulée parce qu'on nous a appris à être modeste.
[10:37] De la joie refoulée parce qu'on grandissait dans un environnement austère.
[10:41] Young appelait ça l'ombre dorée, les ressources et les qualités en nous que nous avons enfoui parce que l'environnement ne les accueillait pas.
[10:48] Et voilà ce qui est crucial.
[10:49] L'ombre n'est passive.
[10:51] Elle ne reste pas tranquillement là où on l'a mise.
[10:53] Elle cherche à s'exprimer.
[10:56] Et comme elle peut pas s'exprimer directement parce que tu as appris à la refouler, elle s'exprime de façon indirecte à travers les projections, à travers les réactions émotionnelles disproportionnées, à travers les comportements que tu ne comprends pas toi-même, à travers les
[11:09] les patterns qui se répètent dans ta vie sans que tu comprennes pourquoi.
[11:13] C'est pour ça que Jung disait que l'ombre dirige ta vie.
[11:15] Non pas parce qu'elle est toutepuissante, mais parce que ce qu'on ne regarde pas en soi finit toujours par s'exprimer d'une façon ou d'une autre.
[11:23] L'énergie psychique ne disparaît pas.
[11:26] Elle trouve un chemin.
[11:28] Il faut aussi comprendre la relation entre l'ombre et ce que Young appelait la persona.
[11:31] La persona, c'est le masque social, la version de toi-même que tu présentes au monde.
[11:36] Le professionnel compétent, le parent attentionné, l'ami fiable, l'employé discipliné.
[11:41] Chaque rôle social implique une personnata, une façade ajustée aux attentes de l'environnement.
[11:50] La persona n'est pas fausse en soi, elle est nécessaire.
[11:52] La vie sociale exige qu'on adapte son comportement au contexte.
[11:56] Mais le problème survient quand on confond la persona avec soi-même, quand on investit tellement dans le masque qu'on oublie qu'il y a quelqu'un derrière et que plus la persona est brillante, soignée, impeccable, plus l'ombre en dessous est
[12:10] dense parce que tout ce qui ne correspond pas à cette image parfaite a été refoulée avec encore plus de force.
[12:14] L'histoire de la culture occidentale est pleine d'exemples de ce mécanisme.
[12:18] Les hommes publics les plus rigides moralement qui s'effondrent dans des scandales qui semblent l'exact opposé de ce qu'il prêchaient, les leaders qui construisent des empires sur des valeurs déclarées de service et d'humilité et qui révèlent quand la pression monte des pulsions de contrôle et de pouvoir qu'il avait jamais regardé en face.
[12:37] C'est pas de l'hypocrisie au sens ordinaire du terme, c'est l'ombre qui grossit dans les profondeurs pendant que la personne abille en surface.
[12:45] jusqu'au moment où la pression devient insoutenable.
[12:47] C'est pour ça que les personnes qui semblent avoir tout pour être heureux, tout le succès extérieur, toute la respectabilité sociale sont parfois celles dont l'ombre est la plus active.
[12:56] L'écart entre la persona et la réalité intérieure crée une pression qui finit toujours par trouver une sortie.
[13:01] parfois sous forme de crise, parfois sous forme d'effondrement, parfois sous forme de cette sensation persistante et
[13:10] inexplicable que quelque chose manque malgré tout ce qu'on a construit.
[13:15] Euh chapitre 3, la projection comment tu vis l'ombre sans l'avir.
[13:18] Il y a un mécanisme central dans la théorie de l'ombre que Jung a étudié avec une précision particulière, c'est la projection.
[13:24] La projection est le mécanisme par lequel on attribue à d'autres ce qu'on ne reconnaît pas en soi.
[13:30] C'est la façon la plus courante par laquelle l'ombre s'exprime sans être vu.
[13:33] Voici comment ça fonctionne.
[13:35] Si tu as refoulé ta propre arrogance, si tu as appris que l'arrogance était inacceptable et que tu l'as poussé dans l'ombre, tu ne la vois pas en toi, mais tu la vois avec une intensité et une irritation particulière chez les autres.
[13:46] Les gens arrogants te mettent hors de toi d'une façon qui dépasse la simple désapprobation.
[13:51] Il te dérange viscéralement de façon disproportionnée.
[13:53] Cette disproportion est le signal.
[13:55] Young disait quand une qualité ou un comportement chez quelqu'un d'autre te déclenche une réaction émotionnelle intense et disproportionnée, regarde à l'intérieur.
[14:08] C'est pas seulement cette personne qui te dérange, c'est une partie de toi-même.
[14:11] que tu refuses de reconnaître et que tu vois refléter dans l'autre.
[14:14] La projection fonctionne aussi dans l'autre sens.
[14:16] Les qualités que tu admires avec une intensité particulière chez les autres, celles que tu idéalises, celles qui te fascinent de façon presque obsessionnelle, sont souvent des qualités que tu portes en toi mais que tu as pas encore intégré.
[14:27] Tu les projettes sur quelqu'un d'autre parce que tu peux pas encore les reconnaître comme tienne.
[14:30] C'est l'ombre dorée en action.
[14:32] La créativité que tu admires passionnément chez un artiste est souvent ta propre créativité que tu n'as pas encore autorisé à exister.
[14:39] Le courage que tu idéalises chez quelqu'un est souvent ton propre courage que tu n'as pas encore osé incarner.
[14:43] Il y a une formule que Jung utilisait pour décrire ce mécanisme que je veux te donner parce qu'elle est d'une clarté saisissante.
[14:53] Il disait "Tout ce qui m'érite chez les autres peut me conduire à une meilleure compréhension de moi-même.
[14:58] Ce n'est pas une invitation à excuser les comportements des autres ou à ne jamais juger.
[15:01] C'est une invitation à utiliser les réactions fortes comme des miroirs, comme des instruments de connaissance de soi.
[15:08] La prochaine fois que quelqu'un te déclenche une réaction intense, avant de
[15:12] conclure que c'est uniquement lui le problème, pose-toi une seconde la question.
[15:15] Qu'est-ce que cette réaction me dit sur moi ?
[15:19] Pas à la place de ce qu'elle dit sur l'autre.
[15:21] En plus, ce mécanisme de projection a des conséquences concrètes et mesurables dans la vie quotidienne.
[15:27] Dans les relations amoureuses, on tombe souvent amoureux d'une personne qui incarne quelque chose qu'on a refoulé en soi-même.
[15:31] Dans un premier temps, cette qualité fascine et attire.
[15:36] Puis inévitablement, la même qualité commence à déranger parce qu'elle pointe vers quelque chose qu'on veut pas regarder en soi.
[15:41] Et le couple entre dans un cycle de conflit où chacun essaie de changer l'autre sans voir que ce qu'on cherche à changer chez l'autre est précisément ce qu'on refuse de voir en soi.
[15:49] Dans la vie professionnelle, la projection produit des dynamiques similaires.
[15:53] Le collègue qui t'énerve au-delà du raisonnable, le supérieur que tu détestes avec une intensité qui dépasse le professionnel, le concurrent que tu surveilles avec une obsession qui ressemble davantage à de la fascination qu'à de la stratégie.
[16:07] Chacune de ces réactions intenses porte en elle une information sur ton nombre, sur ce que tu refuses de voir en
[16:13] toi-même.
[16:15] Young utilisait une image pour décrire la projection que je veux te partager parce qu'elle est particulièrement éclairante.
[16:19] Il comparait la projection à un projecteur de cinéma.
[16:22] Le film est dans le projecteur, c'est l'ombre et contenu inconscient.
[16:25] L'écran, c'est l'autre personne.
[16:28] On croit euh regarder l'écran.
[16:30] On on c on croit voir quelque chose qui appartient à l'autre.
[16:32] Mais en réalité, ce qu'on voit est produit par la lumière qui vient de l'intérieur du projecteur de nos propres contenus inconscients.
[16:38] L'écran doit avoir quelque chose qui permet au film de s'y projeter.
[16:42] L'autre personne a vraiment des qualités qui permettent la projection.
[16:48] Mais euh l'intensité de ce qu'on voit, la charge émotionnelle que ça crée, l'impossibilité de rester indifférent, ça c'est le projecteur, c'est toi.
[16:57] Retirer une projection ne signifie pas cesser de voir les défauts réels de l'autre.
[17:00] Ça signifie les voir avec plus de précision et moins de charge émotionnelle parce qu'on a récupéré la partie de la réaction qui t'appartenait vraiment.
[17:08] Chapitre 4.
[17:10] L'ombre et l'argent.
[17:12] Pourquoi tu sabotes ta richesse ?
[17:13] Parlons maintenant de quelque
[17:14] chose de très concret.
[17:16] de quelque chose que des millions de personnes vivent sans jamais comprendre pourquoi.
[17:19] l'autosabotage financier, tu travailles, tu gagnes de l'argent et à un moment quelque chose se passe, une dépense imprévue, un mauvais investissement, une décision étrange que tu regrettes après coup, l'argent accumulé disparaît et le cycle recommence où tu ne gagnes jamais autant que tu pourrais, tu travailles dur, tu as les compétences et pourtant quelque chose te retient de demander plus, de viser plus haut, de prendre la place que tes capacités justifieraient ou tu as toutes les ressources pour lancer ce projet Et tu trouves toujours une raison de ne pas commencer.
[17:52] Une raison qui semble logique sur le moment mais qui avec le recul ressemble davantage à une fuite.
[17:57] Jung n'a pas écrit spécifiquement sur l'argent, mais les mécanismes qu'il a décrit s'appliquent à ce domaine avec une précision saisissante.
[18:04] Voici ce qui se passe.
[18:06] Dans l'enfance, la plupart des gens reçoivent des messages inconscients sur l'argent.
[18:10] Ces messages ne sont pas nécessairement formulés explicitement.
[18:12] Ils sont dans les attitudes, les
[18:16] comportements, les phrases entendues en passant.
[18:18] Les riches sont des profiteurs.
[18:21] L'argent ne fait pas le bonheur.
[18:22] Ce n'est pas pour des gens comme nous.
[18:24] Désirer trop, c'est être à vide.
[18:26] L'humilité, c'est se contenter de peu.
[18:30] Ces messages créent dans l'ombre une croyance profonde, souvent inconsciente, que l'argent est sale, dangereux, réservé aux autres ou incompatible avec être une bonne personne.
[18:40] Et comme cette croyance est dans l'ombre, comme tu ne la vois pas consciemment, tu ne peux pas y répondre rationnellement.
[18:44] Ce que tu vois, c'est le comportement qu'elle génère, la difficulté inexplicable à demander ce que tu veux, la tendance à dépenser exactement quand l'argent commence à s'accumuler, le sentiment de malaise, quand tu commences à vraiment réussir financièrement un malaise qui ressemble à de la culpabilité sans raison apparente, l'autosabotage juste avant la ligne d'arrivée.
[19:05] Ce n'est pas de la malchance, ce n'est pas un manque de discipline.
[19:08] C'est l'ombre qui protège la croyance qu'elle porte.
[19:11] La croyance que la richesse est incompatible avec
[19:17] qui tu es vraiment, avec qui tu crois mériter d'être.
[19:22] Le travail avec l'ombre dans ce contexte ne consiste pas à répéter des affirmations positives sur l'argent.
[19:28] Il consiste à identifier honnêtement quel message tu as reçu sur l'argent dans ton enfance.
[19:34] à regarder en face les croyances qui habitent ton nombre, à les reconnaître non pas pour les justifier mais pour les voir.
[19:41] Parce que ce qu'on voit, on peut commencer à y répondre autrement.
[19:43] Ce qu'on voit pas nous contrôle entièrement.
[19:45] Il y a il y a une expérience que beaucoup de gens vivent quand ils commencent à gagner significativement plus que leurs parents de gagner.
[19:52] Une expérience de malaise profond, presque physique, qu'il n'arrivent pas à expliquer rationnellement.
[19:56] Ce malaise est souvent de l'ombre.
[19:59] Il vient d'une loyauté inconsciente envers le groupe familial ou social d'origine une croyance enfouie selon laquelle dépasser les siens est une forme de trahison, d'abandon, d'arrogance.
[20:13] Cette loyauté n'est pas consciente.
[20:14] Elle ne se formule pas comme une pensée.
[20:16] Elle se ressent comme un frein inexplicable, une résistance sans
[20:18] nom, une envie soudaine de faire quelque
[20:20] chose qui va défaire ce qui vient d'être
[20:22] construit. Jung aurait reconnu
[20:24] immédiatement ce pattern et il aurait
[20:27] dit c'est l'ombre qui protège une
[20:28] vieille fidélité que la conscience n'a
[20:30] jamais examiné. Reconnaître cette
[20:32] fidélité, la voir, la nommer, lui rendre
[20:34] hommage sans pour autant lui obéir
[20:36] aveuglément est l'une des formes les
[20:38] plus libératrices du travail de l'ombre
[20:40] dans la dimension financière. Chapitre
[20:42] 5. L'ombre et les relations. Pourquoi tu
[20:44] répètes les mêmes erreurs ? Il y a un
[20:46] pattern que presque tout le monde
[20:48] reconnaît dans dans sa vie
[20:50] relationnelle. Le fait de répéter les
[20:53] mêmes types de relations, d'attirer les
[20:55] mêmes types de personnes, de revivre
[20:57] avec des visages différents, les mêmes
[20:59] dynamiques douloureuses, pas exactement
[21:01] les mêmes personnes, mais le même type
[21:03] de personne. La même façon dont ça
[21:06] commence, la même dynamique qui
[21:08] s'installe, le même moment où ça se
[21:10] casse. Young avait une explication
[21:12] précise pour ce phénomène et elle passe
[21:14] entièrement par l'ombre. Nous sommes
[21:16] attirés au niveau inconscient par des
[21:18] personnes qui nous permettent de rejouer
[21:19] des dynamiques non résolues. Des
[21:21] dynamiques dont l'origine est souvent
[21:22] dans l'enfance, dans la relation avec
[21:24] les parents, dans les blessures
[21:25] précoces, dans les besoins qui n'ont pas
[21:26] été remplis. Ce n'est pas une attraction
[21:29] rationnelle. Ce n'est pas ce que tu
[21:32] cherches consciemment, mais c'est ce qui
[21:34] se passe au niveau de l'inconscient, au
[21:36] niveau de l'ombre. Il y a aussi le
[21:38] mécanisme de la projection dans les
[21:41] relations amoureuses. On projette sur le
[21:44] partenaire des des qualité qu'on a
[21:45] refoulé en soi-même. On tombe amoureux
[21:48] d'une façon qui ressemble à de la
[21:50] compétion. Cette personne semble avoir
[21:53] ce qui nous manque, incarner ce qu'on
[21:55] cherche à devenir. Et dans un premier
[21:57] temps, cette projection crée une
[21:59] intensité et une connexion qui peuvent
[22:01] ressembler à de l'amour profond. Puis
[22:04] progressivement, la projection se
[22:06] défait. on commence à voir la personne
[22:08] réelle derrière l'image projetée. Et si
[22:11] on fait pas le travail de reconnaître ce
[22:13] que la projection disait de nous-même,
[22:15] si on n'intègre pas ce qu'on cherchait à
[22:17] trouver chez l'autre, la relation entre
[22:19] dans un cycle de déception et de
[22:22] conflit. C'est pour ça que les relations
[22:24] les plus intenses, celles qui commencent
[22:26] avec le sentiment d'avoir enfin trouvé,
[22:29] sont souvent celles qui contiennent le
[22:30] plus de projections et donc les plus
[22:32] susceptibles de se transformer en champ
[22:34] de bataille. L'intensité de la traction
[22:37] initiale était proportionnelle à
[22:39] l'intensité de la projection. Et quand
[22:40] la projection tombe, ce qui reste doit
[22:43] être bâti autrement. Jung disait quelque
[22:45] chose de fondamental sur ce sujet. Une
[22:47] relation saine ne peut pas être
[22:48] construite sur des projections. Elle
[22:50] doit être construite sur la
[22:51] reconnaissance de l'autre comme une
[22:53] personne distingue de toi avec ses
[22:54] propres qualités, ses propres limites,
[22:57] sa propre ombre à lui. Et pour voir
[22:59] l'autre clairement, il faut d'abord
[23:01] avoir commencé à regarder son propre
[23:03] ombre honnêtement. En d'autres termes,
[23:05] la qualité de tes relations extérieures
[23:08] est directement liée à la profondeur de
[23:11] ton travail intérieur. Pas parce que les
[23:13] autres changent quand tu changes, mais
[23:14] parce que tu changes ce que tu cherches,
[23:16] ce que tu projettes et ce que tu es prêt
[23:18] à recevoir. Il y a une dimension que
[23:20] Jung explorait dans les relations
[23:21] familiales qui mérite d'être nommé
[23:23] séparément parce qu'elle touche quelque
[23:26] chose de fondamental dans la façon dont
[23:27] l'ombre se transmet. Young croyait, et
[23:30] des générations de thérapeutes ont
[23:31] confirmé cette observation dans leur
[23:33] pratique que l'ombre se transmet entre
[23:35] les générations. Les contenus que les
[23:37] parents n'ont pas intégrés dans leur
[23:38] propre ombre sont portés inconsciemment
[23:40] par leurs enfants, non pas par la
[23:42] génétique, mais par le climat émotionnel
[23:43] de la famille, par ce qui est dit et ce
[23:46] qui ne se dit pas, par les silences, par
[23:48] les réactions disproportionnées, par les
[23:51] sujets qu'on aborde jamais. Un père qui
[23:53] a refoulé toute sa vie son désir de
[23:55] créativité parce qu'il a été élevé dans
[23:57] la conviction que le travail artistique
[23:59] était frivo père transmet quelque chose
[24:01] à son enfant sans le vouloir. Peut être
[24:04] une inhibition créative, peut être au
[24:07] contraire une fascination obsessionnelle
[24:09] pour l'art qui est la projection de ce
[24:11] que le père n'a jamais osé. Une mère qui
[24:13] n'a jamais eu le droit d'exprimer sa
[24:15] colère qui a appris dès l'enfance que la
[24:18] colère féminine était inacceptable.
[24:21] Cette mère transmet à ses enfants
[24:23] quelque chose sur la façon dont les
[24:25] émotions fortes doivent être gérées. Et
[24:27] souvent ce quelque chose va dans
[24:29] l'ombre. Comprendre cela ne sert pas à
[24:31] blâmer ses parents. C'est même le
[24:33] contraire. Ça permet de voir que les
[24:35] patterns qu'on vit ne sont pas tous les
[24:36] nôtres certains ont été hérités. Et ce
[24:38] qui a été hérité peut avec de la
[24:40] conscience transformé. La chaîne peut
[24:43] s'arrêter avec toi si tu fais le
[24:46] travail. Il y a une dimension du travail
[24:48] de l'ombre dans les relations que Jung
[24:49] soulignait avec une insistance
[24:51] particulière et qui est rarement
[24:53] mentionné dans les présentations
[24:54] populaires de sa théorie. Il disait que
[24:56] le conflit dans les relations, surtout
[24:58] les conflits répétés, ceux qui
[25:00] reviennent toujours autour des mêmes
[25:01] thèmes est souvent une opportunité
[25:03] déguisée. Non pas parce que la
[25:05] souffrance est bonne en soi, mais parce
[25:07] que les points de friction les plus
[25:08] intenses dans une relation point
[25:11] toujours vers des zones de l'ombre non
[25:13] intégrée. Quand tu te disputes avec
[25:15] quelqu'un sur les mêmes choses depuis
[25:17] des années, la façon dont il gère
[25:18] l'argent, son manque d'organisation, son
[25:21] excès de contrôle, son incapacité à être
[25:23] vulnérable et que ça ça continue de
[25:26] déclencher en toi une réaction
[25:28] viscérale, Young te demanderait
[25:31] qu'est-ce que ces qualités que tu ne
[25:32] supportes pas disent de ta propre
[25:34] relation à ces mêmes dimensions de la
[25:36] vie. Ce n'est pas pour invalider ta
[25:38] frustration, c'est pour ajouter une
[25:41] couche d'information à ce que la
[25:42] frustration te dit. Et cette couche
[25:44] supplémentaire, une fois intégrée,
[25:46] transforme souvent la dynamique
[25:47] relationnelle de façon que rien d'autre
[25:49] n'aurait pu produire. Chapitre 6,
[25:52] l'ombre et le succès, le syndrome de
[25:54] l'imposteur et l'autosabotage.
[25:56] Il y a il y a il y a il y a il y a une
[25:58] expérience que beaucoup de personnes
[26:00] vivent quand elles commencent à réussir
[26:01] dans quelque chose qui compte vraiment
[26:02] pour elle. Une expérience qu'on appelle
[26:04] le syndrome de l'imposteur. La sensation
[26:06] d'avoir fraudé, de ne pas mériter ce
[26:08] qu'on a obtenu, d'attendre d'être
[26:09] démasqué. La psychologie contemporaine a
[26:12] beaucoup écrit sur ce syndrome, mais
[26:14] Jung, des décennies avant que le terme
[26:16] existe, avait identifié le mécanisme
[26:18] sous-jacent avec une précision
[26:20] remarquable. Il pointait directement
[26:22] vers l'ombre. Voici ce qui se passe
[26:24] quand tu réussis dans quelque chose,
[26:26] quand tu obtiens de la reconnaissance,
[26:28] du succès, de l'argent, du pouvoir, une
[26:30] partie de toi résiste. Pas parce que tu
[26:32] ne voulais pas réussir, mais parce que
[26:34] ton nombre contient une croyance
[26:35] profonde selon laquelle tu ne mérites
[26:37] pas cette place, que tu n'es pas
[26:39] vraiment capable, que si les gens
[26:41] savaient qui tu es vraiment, ils ne
[26:43] t'auraient pas choisi. Cette croyance a
[26:45] généralement une origine précise dans
[26:47] l'histoire personnelle. Un parent qui
[26:49] dévalorisait régulièrement, un
[26:51] environnement scolaire où le succès
[26:53] était sanctionné plutôt qu'encouragé.
[26:54] Des expériences précoces d'échec ou
[26:56] d'humiliation qui ont laissé une
[26:58] empreinte dans l'inconscient. Des
[26:59] messages répétés sur le fait d'être trop
[27:02] ambitieux, trop visible, trop sûr de
[27:04] soi. Ces messages sont allés dans
[27:06] l'ombre et depuis l'ombre, ils
[27:08] continuent de fonctionner. Pas comme des
[27:10] pensées conscientes que tu pourrais
[27:11] contester, comme des états émotionnels,
[27:13] des intuitions, des résistances
[27:14] inexpliquées qui surgissent précisément
[27:16] au moment où tu es sur le point de
[27:17] franchir un palier important.
[27:19] L'autosabotage est l'expression
[27:20] comportementale de ce mécanisme. C'est
[27:22] l'ombre qui, ne pouvant pas s'exprimer
[27:24] directement, crée des situations qui
[27:26] confirment la croyance qu'elle porte. Tu
[27:27] oublies un rendez-vous crucial. Tu
[27:29] envoies un message maladroit au mauvais
[27:31] moment. Tu procrastines jusqu'à ce que
[27:33] l'opportunité disparaisse. Tu provoques
[27:35] un conflit qui détruit ce que tu avais
[27:36] construit. Aucune de ces actions n'est
[27:38] consciente, aucune n'est délibérée.
[27:40] C'est précisément pour ça qu'elles sont
[27:42] si difficiles à arrêter par la seule
[27:43] volonté. La volonté opère au niveau
[27:45] conscient. L'ombre opère plus profond.
[27:48] La seule façon d'interrompre durablement
[27:50] ce cycle n'est pas de travailler plus
[27:51] dur, de se discipliner davantage ou de
[27:54] se donner des affirmations positives.
[27:56] C'est de faire ce que Jung appelait le
[27:57] travail de l'ombre, regarder honnêtement
[28:00] les croyances profondes qui opèrent dans
[28:02] son inconscient, les reconnaître et
[28:04] commencer à les intégrer. Il est
[28:06] important de distinguer ici deux types
[28:08] d'autosabotage que l'ombre peut produire
[28:11] parce qu'il demande des approches
[28:13] légèrement différentes. Le premier type
[28:15] est le sabotage défensif, celui qui
[28:17] empêche de commencer. La procrastination
[28:20] infinie, le perfectionnisme paralysant,
[28:23] le besoin de encore un peu de
[28:24] préparation avant d'agir. Ce type de
[28:27] sabotage protège contre le risque de
[28:28] l'exposition. Si tu ne commences jamais
[28:30] vraiment, tu ne peux pas vraiment
[28:32] échouer. L'ombre dans ce cas porte
[28:34] souvent une croyance sur l'échec comme
[28:37] preuve définitive de sa propre
[28:38] insuffisance. Le deuxième type est le
[28:41] sabotage au seuil. celui qui frappe
[28:44] précisément quand le succès est presque
[28:46] atteint. Une dispute inexplicable avec
[28:48] un associé clé. Une décision qui semble
[28:52] rationnelle mais qui rétrospectivement
[28:54] était clairement destructrice. Une
[28:56] maladie qui arrive pile au mauvais
[28:58] moment. Ce type de sabotage protège
[29:00] contre quelque chose de différent. La
[29:01] peur du succès lui-même, de ce qu'il
[29:03] implique, de la visibilité, des
[29:05] responsabilités ou euh de la trahison du
[29:09] groupe d'appartenance dont on a parlé
[29:10] plus tôt. Les deux sont de l'ombre. Mais
[29:13] reconnaître lequel est taœuvre dans ta
[29:14] vie est déjà un acte de conscience qui
[29:16] commence à le désamorcer. Jung avait une
[29:18] formule pour décrire ce processus. Il
[29:20] disait que rendre l'inconscient
[29:23] conscient nommé ce qu'on a refoulé, le
[29:25] voir en face, lui donner un espace
[29:28] d'existence reconnue diminue son pouvoir
[29:30] d'opérer dans l'ombre. Ce qu'on voit ne
[29:32] peut plus se cacher et ce qui ne peut
[29:34] plus se cacher ne peut plus diriger ta
[29:36] vie sans que tu le saches. Et chapitre
[29:40] 7, l'intégration de l'ombre, le vrai
[29:42] travail. On arrive maintenant à la
[29:44] partie que la plupart des présentations
[29:46] de la théorie de Jung passe trop vite
[29:48] parce que la partie qui intéresse, c'est
[29:50] toujours l'explication du problème. Mais
[29:52] ce qui transforme vraiment quelque
[29:53] chose, c'est la compréhension du
[29:54] travail. Jung ne demandait pas à ses
[29:56] patients ni à ses lecteurs d'éliminer
[29:58] leur ombre. ce serait impossible et ce
[30:00] serait aussi contre-productif.
[30:02] L'ombre contient de l'énergie, elle
[30:04] contient des ressources, elle contient
[30:06] des des parties de soi-même qui une fois
[30:08] intégré enrichissent la personnalité
[30:10] plutôt que de la fragmenter. Ce qu'il
[30:12] demandaient, c'est l'intégration.
[30:14] L'intégration, c'est le fait de
[30:16] reconnaître l'ombre comme une partie de
[30:18] soi, non pas de l'approuver ou de lui
[30:20] donner libre cours, mais de la voir, de
[30:22] la nommer et de trouver avec elle une
[30:24] relation consciente plutôt
[30:25] qu'inconsciente. Concrètement, voici
[30:28] comment le travail de l'ombre commence.
[30:30] La première étape est l'observation des
[30:31] projections. Commence à noter les
[30:33] réactions émotionnelles
[30:34] disproportionnées que tu as face aux
[30:36] autres. Les gens qui t'irritent au-delà
[30:38] du raisonnable, les comportements qui te
[30:39] déclenchent une réaction qui dépasse la
[30:41] simple désapprobation. Et pose-toi une
[30:43] question honnête. Est-ce que cette
[30:44] qualité que je rejette si fortement chez
[30:46] cet autre est complètement absente en
[30:48] moi ou est-ce que je la refuse en
[30:49] moi-même d'une façon que j'ai pas encore
[30:51] regardé ? La deuxième étape est
[30:52] l'observation de l'ombre dorée. Note les
[30:55] qualités que tu admires avec une
[30:57] intensité particulière chez les autres.
[30:59] Celle qui te fascine, celle que tu
[31:01] idéalises. Et demande-toi est-ce que ces
[31:03] qualités existent déjà en moi dans une
[31:05] forme que je n'ai pas encore reconnue ou
[31:07] autorisé ? La troisième étape est le
[31:09] travail avec les rêves. Jung accordait
[31:11] une importance centrale au rêves dans le
[31:13] travail de l'ombre. Les rêves,
[31:14] disait-il, sont le langage de
[31:16] l'inconscient. Une façon pour l'ombre de
[31:18] se montrer sous des formes symboliques.
[31:20] Les personnages menaçants dans les
[31:21] rêves, les situations embarrassantes ou
[31:23] honteux us, les figures d'autorité qui
[31:26] jugent. Tout cela mérite d'être regardé
[31:28] comme une communication de l'inconscient
[31:30] plutôt que comme du bruit aléatoire. La
[31:32] 4ème étape est la confrontation directe,
[31:34] ce que Jung appelait dialoguer avec
[31:36] l'ombre, pas au sens littéral d'une
[31:38] d'une
[31:40] conversation à voix haute, mais dans le
[31:41] sens d'une introspection honnête où on
[31:44] s'adresse à ces parties de soi-même
[31:45] qu'on a refoulé. Qu'est-ce que cette
[31:47] colère que je n'exprime jamais essaie de
[31:49] me dire ? Qu'est-ce que cette ambition
[31:51] que j'ai enterré cherche à créer ?
[31:53] Qu'est-ce que cette peur trop honteuse
[31:55] pour être dite protège en moi ? Ce
[31:57] travail n'est pas confortable. Il ne
[31:59] peut pas l'être par définition. L'ombre
[32:02] contient ce qu'on a jugé inacceptable.
[32:04] Le regarder en face déclenche souvent de
[32:06] la résistance, de la honte ou de la
[32:08] défensive. C'est pour ça que Jung
[32:09] insistait sur le fait que ce travail
[32:12] bénéficie d'un accompagnement, un
[32:14] thérapeute, un interlocuteur de
[32:15] confiance, quelqu'un qui peut être
[32:17] présent pendant la confrontation sans
[32:20] juger. Il faut aussi parler de quelque
[32:21] chose que Jung soulignait avec une
[32:23] prudence particulière, le danger de
[32:25] l'identification à l'ombre.
[32:26] L'intégration ne signifie pas donner
[32:28] libre cours à tout ce qu'on a refoulé.
[32:30] Elle ne signifie pas que maintenant que
[32:31] tu as vu ta colère, tu peux l'exprimer
[32:33] sans filtre sur les autres. Elle ne
[32:35] signifie pas que ta cruauté, si elle
[32:37] était dans l'ombre, doit maintenant
[32:38] s'exprimer librement. L'intégration
[32:40] signifie reconnaître ses parties de
[32:42] soi-même, leur donner une existence
[32:44] consciente plutôt qu'inconsciente et
[32:46] trouver des façons de les exprimer qui
[32:48] n'endommagent ni toi ni les autres. La
[32:51] colère refoulée qui sort de l'ombre ne
[32:53] devient pas destructrice. Elle devient
[32:54] de l'assertivité, de la clarté, de la
[32:57] capacité à poser des limites. L'ambition
[32:59] refoulée qui sort de l'ombre ne devient
[33:01] pas de l'arrogance, elle devient de la
[33:03] direction, de la vision, de la capacité
[33:06] à créer quelque chose de grand. C'est là
[33:07] la promesse du travail de l'ombre selon
[33:09] Jung. Non pas de devenir quelqu'un
[33:11] d'autre, mais de devenir plus
[33:13] entièrement soi-même avec toute la
[33:15] complexité, la profondeur et la richesse
[33:18] que soi-même contient vraiment. Mais
[33:20] même sans accompagnement professionnel,
[33:22] le simple fait de commencer à observer,
[33:25] à noter les projections, à remarquer les
[33:27] réactions disproportionné, à
[33:29] s'interroger honnêtement sur ce que les
[33:31] autres révèlent de soi-même est déjà un
[33:33] début du travail. Et un début du travail
[33:36] vaut infiniment mieux que pas de travail
[33:38] du tout. Chapitre 8. Comment commencer
[33:41] maintenant ? Jung ne voulait pas que son
[33:44] travail reste dans les livres. Il
[33:46] voulait qu'il soit vécu. Et tout ce que
[33:49] tu as entendu jusqu'ici n'a de valeur
[33:52] que si tu en fais quelque chose de
[33:53] concret dans ta vie réelle. Voici
[33:56] comment commencer pendant 6 mois, pas
[33:58] quand les conditions seront parfaites.
[33:59] Maintenant, la première pratique est ce
[34:01] que Jung appelait le journal de l'ombre,
[34:03] pas un journal de gratitude, un journal
[34:06] d'honnêteté. Chaque soir, note une
[34:07] réaction émotionnelle de la journée qui
[34:09] t'a semblé disproportionnée. Quelqu'un
[34:11] qui t'a irrité plus que de raison. une
[34:13] situation qui t'a déclenché une colère,
[34:16] une honte ou une anxiété qui dépassait
[34:18] ce que la situation justifiait
[34:19] objectivement. Juste une. Et à côté,
[34:21] note une question : qu'est-ce que ça dit
[34:23] de moi ? Pas de l'autre, de moi. La
[34:25] deuxième pratique est l'identification
[34:27] de tes projections positives. Prends
[34:29] quelqu'un que tu admires profondément,
[34:31] quelqu'un dont les qualités te fascinent
[34:33] et liste ces qualités précisément. Puis
[34:36] demande-toi pour chacune, est-ce que
[34:37] cette qualité existe en moi dans une
[34:39] forme que je n'ai pas encore reconnue ou
[34:41] développée ? La troisième pratique est
[34:43] la relecture de tes patterns. Prends le
[34:44] temps de regarder honnêtement les
[34:46] patterns récurrents dans ta vie. Dans
[34:47] tes relations, qu'est-ce qui se répètent
[34:49] ? Dans ta vie professionnel, où est-ce
[34:50] que tu te retrouves systématiquement
[34:52] bloqué ? Dans ta vie financière,
[34:54] qu'est-ce qui arrive systématiquement
[34:56] quand tu commences à avancer ? Ces
[34:58] patterns ne sont pas aléatoires. Ils
[35:01] pointent vers des structures dans ton
[35:03] nombre. Les voir comme des informations
[35:06] plutôt que comme des fatalités est la
[35:08] première étape pour les transformer. La
[35:10] 4rième pratique est la permission.
[35:12] Beaucoup de gens ont refoulé dans leur
[35:13] ombre des qualités positives de
[35:15] l'ambition, de la créativité, de la
[35:18] confiance, de la joie. Le travail de
[35:20] l'ombre ne consiste pas seulement à
[35:22] regarder les parties difficiles. Il
[35:23] consiste aussi à te donner la permission
[35:25] d'exprimer ce que tu as enterré parce
[35:27] que l'environnement ne le permettait
[35:28] pas. Un acte créatif par semaine, une
[35:31] ambition formulée à voix haute, une
[35:34] vérité dite plutôt que ravalée. Ces
[35:36] petits actes de permission commencent à
[35:38] intégrer l'ombre dorée. Et la 5ème
[35:40] pratique la plus importante est la
[35:42] patience. Le travail de l'ombre n'est
[35:44] pas un sprint. C'est un processus que
[35:46] Jung appelait l'individuation, le
[35:48] processus de toute une vie par lequel on
[35:50] devient progressivement plus entier,
[35:52] plus conscient de soi-même dans sa
[35:54] complexité réelle. Il y a pas de ligne
[35:56] d'arrivée, il y a une direction. Et
[35:58] chaque pas dans cette direction change
[35:59] quelque chose de réel dans la façon dont
[36:01] tu vis. Il est utile de se rappeler ici
[36:03] que Jung avait lui-même commencé son
[36:04] travail intérieur le plus profond à
[36:06] l'âge de 38 ans, l'âge de la rupture
[36:08] avec Freud, l'âge du livre rouge. Et il
[36:10] avait cessé de l'approfondir jusqu'à ses
[36:12] 85 ans. Cela dit, quelque chose
[36:14] d'essentiel, il n'est jamais trop tard
[36:16] pour commencer et il y a pas de moment
[36:18] idéal, il y a juste le moment présent et
[36:21] la décision de regarder. Il y a quelque
[36:23] chose que je veux ajouter sur la façon
[36:24] de de de commencer parce que l'un des
[36:27] l'un des obstacles les plus courants
[36:30] dans le dans le travail de l'ombre est
[36:32] la résistance à ce qu'on découvre. Quand
[36:34] on commence à voir ses propres
[36:35] projections, ses propres patterns, les
[36:37] croyances inconscientes qui ont
[36:39] silencieusement organisé sa vie, la
[36:41] première réaction est souvent de la
[36:43] honte ou de la défensive. Je suis pas
[36:45] comme ça. C'est pas moi. C'est vraiment
[36:47] la faute des autres. Cette résistance
[36:49] est normale. Elle est même signe que tu
[36:51] approches de quelque chose de réel.
[36:52] L'ombre ne se laisse pas voir
[36:54] facilement. Elle a été refoulée
[36:55] précisément parce qu'elle était jugée
[36:57] inacceptable et la voir en soi déclenche
[36:59] les mêmes mécanismes de rejet qui lui on
[37:00] mise. La réponse à cette résistance
[37:03] n'est pas de la forcer, c'est de rester
[37:05] curieux plutôt que défensif. De traiter
[37:07] chaque découverte non pas comme un
[37:10] verdict, je suis donc quelqu'un de
[37:11] mauvais, mais comme une information.
[37:14] Voilà quelque chose que je porte et que
[37:15] je n'avais pas encore le vu. La
[37:18] curiosité ouvre, la honte ferme et la
[37:21] curiosité maintenue dans le temps est
[37:24] l'attitude fondamentale de tout le
[37:25] travail de l'ombre. Jung lui-même l'a
[37:28] pratiqué pas comme un exercice
[37:29] thérapeutique limité dans le temps, mais
[37:30] comme une façon d'être dans le monde
[37:32] toujours disposé à à être surpris par ce
[37:34] qu'il restait à découvrir en lui-même.
[37:36] En conclusion, tu n'étais pas maudit, tu
[37:39] étais aveugle. Au début de cet
[37:41] audiolivre, j'ai posé une image simple,
[37:44] celle de quelqu'un qui fait tout
[37:45] correctement et qui se retrouve quand
[37:47] même à sabotage, à répéter, à bloquer
[37:48] juste avant la ligne d'arrivée.
[37:50] Maintenant, tu sais comment appeler ça ?
[37:51] C'est pas de la malchance. C'est pas un
[37:52] défaut de caractère, c'est pas le
[37:53] destin, c'est l'ombre à partie de toi
[37:55] que tu n'avais pas encore regardé et qui
[37:57] faute d'être vu, trouver d'autres façons
[37:59] de s'exprimer. Il y a une dernière chose
[38:01] que Jung voulait que ses lecteurs
[38:02] comprennent et qui résument tout ce
[38:03] qu'il avait essayé de transmettre. Il
[38:05] disait que le travail de l'ombre n'est
[38:07] pas un travail pour devenir meilleur au
[38:09] sens moral du terme. Ce n'est pas un
[38:11] travail pour corriger ses défauts ou
[38:13] pour devenir plus vertueux ou plus
[38:15] acceptable aux yeux des autres. C'est un
[38:17] travail pour devenir plus réel. plus
[38:19] réel dans le sens où on cesse de vivre
[38:22] seulement la surface de soi-même, la
[38:24] personne à soigné, le moi conscient
[38:26] approuvé et où on commence à avoir accès
[38:29] à toute la profondeur et à toute la
[38:31] complexité de ce qu'on est vraiment avec
[38:34] ses ombres et ses lumières, avec ses
[38:36] contradictions, avec ses désirs inavoués
[38:38] et ses peurs secrètes et ses ambitions
[38:40] enterrées et sa colère jamais dite et sa
[38:42] joie trop longtemps retenue. devenir
[38:44] plus réel, c'est devenir plus puissant,
[38:47] non pas au sens de dominer les autres,
[38:49] mais au sens d'avoir accès à une énergie
[38:52] intérieure qui était jusque-là bloquée
[38:54] dans le refoulement. C'est cette énergie
[38:56] libérée qui crée des relations vraies,
[38:58] des projets authentiques, une richesse
[39:00] alignée avec ce qu'on est réellement.
[39:02] C'est la promesse du travail de l'ombre
[39:04] et c'est une promesse que Jung a tenu
[39:05] dans sa propre vie jusqu'au dernier
[39:07] jour. Jung avait une façon de formuler
[39:09] la conséquence du travail de l'ombre qui
[39:11] reste l'une des plus belles phrases de
[39:13] toute la psychologie du 20e siècle. Il
[39:15] disait "Qui regarde dehors rêve. Qui
[39:18] regarde en dedans s'éveille. Ce n'est
[39:20] pas une promesse que tout sera facile
[39:21] après. Ce n'est pas une garantie que les
[39:23] problèmes disparaîtront. C'est quelque
[39:25] chose de plus fondamental. La différence
[39:27] entre vivre sa vie de façon réactive,
[39:29] ballotée par des forces intérieures
[39:31] qu'on ne comprend pas et la vivre de
[39:33] façon consciente depuis une connaissance
[39:36] de soi qui donne la possibilité d'une
[39:37] vraie liberté. La liberté, selon Jung,
[39:40] n'est pas l'absence de contrainte
[39:41] extérieure. C'est la capacité à agir
[39:44] depuis la connaissance de soi plutôt que
[39:46] depuis l'ignorance de soi. C'est le
[39:47] fruit du travail le plus difficile et le
[39:50] plus récompensé qu'un être humain puisse
[39:51] faire. Tu as maintenant les outils pour
[39:53] commencer, pas pour tout résoudre d'un
[39:55] coup. pas pour éliminer ton nombre, ce
[39:57] serait impossible et ce serait aussi une
[39:59] perte, mais pour commencer à l'avir,
[40:01] pour commencer à lui parler, pour
[40:03] commencer à intégrer ce qu'elle porte,
[40:06] ses difficultés et ses richesses dans
[40:09] une version de toi-même qui soit plus
[40:11] entière, plus libre et plus capable de
[40:14] créer ce que tu veux vraiment créer.
[40:16] Jung a vécu jusqu'à 85 ans et a continué
[40:18] son propre travail de l'ombre jusqu'à la
[40:20] fin. Il ne croyait pas à un point
[40:21] d'arrivée. Il croyait à un mouvement à
[40:24] l'individuation comme voyage plutôt que
[40:26] comme destination. Et il disait que
[40:28] chaque étape de ce voyage, chaque moment
[40:31] où on regarde honnêtement quelque chose
[40:33] qu'on avait refusé de voir libère une
[40:35] énergie qui était jusque-là bloquée dans
[40:37] le refoulement. Cette énergie libérée,
[40:40] elle ne disparaît pas. Elle devient
[40:42] disponible pour créer des relations, des
[40:44] projets, de la richesse, de la vie. Il y
[40:46] a une dernière dimension de la pensée de
[40:49] Jung que je veux mentionner avant de de
[40:50] te laisser parce que elle élargit tout
[40:54] ce qu'on tout ce qu'on a vu ensemble
[40:56] d'une façon qui est à la fois plus
[40:58] grande et plus urgente. Jung croyait que
[41:01] l'ombre n'existe pas seulement au niveau
[41:03] individuel. Il croyait qu'il existe
[41:05] aussi une ombre collective, une nombre
[41:09] de groupes, de sociétés, de
[41:11] civilisations. Les contenus que les
[41:13] cultures refusent de regarder en
[41:14] elles-mêmes, leur violence, leur
[41:16] injustice, leurs contradictions non
[41:18] résolues se manifestent à l'échelle
[41:19] historique avec la même mécanique que
[41:21] l'ombre individuelle. Les guerres, les
[41:23] persécutions, les effondrements
[41:25] collectifs young les lisaient souvent
[41:27] comme des irruptions de l'ombre
[41:29] collective non intégrée. Ce qu'une
[41:31] société refuse de voir en elle-même
[41:33] finit par exploser d'une façon ou d'une
[41:35] autre. L'histoire du 20e siècle que Jung
[41:38] a vécu dans sa totalité lui a fourni une
[41:40] démonstration tragique et répétée de ce
[41:42] principe. Cette conviction l'a amené à
[41:44] penser que le travail individuel de
[41:45] l'ombre n'était pas seulement une
[41:47] affaire personnelle, c'était aussi un
[41:50] acte d'hygiène collective. Chaque
[41:52] personne qui intègre sa propre ombre,
[41:53] qui cesse de projeter sur les autres ce
[41:55] qu'elle refuse de voir en elle-même,
[41:57] contribue à sa mesure à diminuer la
[41:59] charge de l'ombre collective. Ce n'est
[42:01] pas un acte héroïque, c'est une
[42:03] responsabilité discrète quotidienne qui
[42:05] commence par le regard qu'on pose sur
[42:07] soi. Tu n'étais pas maudit, tu étais
[42:10] aveugle à une partie de toi-même. Et
[42:11] maintenant que tu commences à voir, rien
[42:13] ne sera exactement pareil. Si cet
[42:15] audiolivre t'a apporté quelque chose,
[42:17] une idée, une reconnaissance, un début
[42:19] de regard sur toi-même, partage-le avec
[42:22] quelqu'un qui répète les mêmes patterns
[42:23] depuis trop longtemps et qui n'a pas
[42:25] encore de mots pour ce qu'il vit. Ce
[42:26] type de contenu existe grâce à toi.
[42:29] Abonne-toi. Chaque semaine, on ouvre un
[42:31] autre texte que personne ne t'a jamais
[42:32] vraiment expliqué. Yeah.
